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De retour de Notre Dame des Landes et sur le vif...

jeudi 15 novembre 2012, par Annick Bossu

Annick et Norbert Bossu reviennent de Notre Dame des Landes. Voici leur témoignage...

Ce lundi matin 12 novembre, dans le brouillard pas un barrage policier, c’est nouveau depuis une semaine, un accès facile au QG de Notre Dame des Landes (près de la poste). Et là sur qui on tombe : Michel Tarin : un des paysans engagé depuis des lustres contre le projet d’aéroport de NNDL et qui a fait la grève de la faim en avril-mai 2012 pendant 29 jours (pour rappel : cette grève a obtenu un moratoire sur les expulsions - mais rien n’est simple !).

Il était heureux, mais vraiment heureux de nous rencontrer car il connait bien le Pélussinois où nous nous sommes trouvés nombre d’amis communs. Il attendait une journaliste de Libé.

Ainsi, ensemble, il nous a fait faire le tour de la zone à aménagement différé (ZAD, devenue zone à défendre) dans le bocage des « landes ». Le chant des oiseaux nous accompagnait (quelques oiseaux du bocage : Bondrée apivore, Busard St-Martin, Engoulevent d’Europe...). Michel nous a montré les différents lieux détruits (« sécurisés » dans le langage du Préfet) en octobre par une escouade de 1200 CRS et gardes mobiles. Le plus émouvant était les fermes : bâtiments de pierres datant d’avant 1800, pierres de granite apportées alors sur cette terre d’argile par des chars à boeufs. La veille de la destruction résidaient encore des paysans avec poules, canards et lapins. Il n’y a plus rien : sol boueux et nu, quelques morceaux de bois et quelques pierres et dans un coin poules et canards laissés pour compte. Tout a été emporté par camions, les gens relogés dans un milieu presque urbain ! Nous avons vu la forêt où les cabanes construites dans les arbres ont été détruites par la compagnie républicaine de sécurité de Briançon spécialisée dans l’escalade. Les champs sont pleins de balles de flash ball (très impressionnant d’après Michel), de grenades lacrimogènes... En fait, lundi les pandores étaient là, « sécurisant » des fouilles archéologiques préliminaires aux travaux.

Nous avons pourtant rencontré des gens bien pacifistes et surtout solidaires entre eux. La vie s’organise dans le bocage depuis quelques années autour d’activités agricoles : les anciens et nouveaux paysans qui s’entraident. Très chouette.

Le problème foncier est complexe. En gros : le Conseil Général laisse à Vinci - en fait AGO (Aéroport du Grand Ouest) dont Vinci a 85-90 % des parts - la concession de 2000 Ha de terrains agricoles (pour l’aéroport et tout ce qui va avec !) d’où sont expropriés plus de 500 petits propriétaires, concession de 55 ans pour ce futur aéroport.

Mais où est donc l’intérêt général ?

D’ailleurs, un comité d’élus opposés au projet demande, après étude économique indépendante, l’abrogation de la déclaration d’utilité publique de 2008, les bases économiques du projet étant erronées. (Lien : http://aeroportnddl.fr)

Un collectif de 160 pilotes de ligne (à ce jour) opposé au projet s’est également exprimé sur le sujet. (Lien indirect : http://acipa.free.fr)

Voilà. On n’a qu’une envie : les aider. Si comme nous, vous ne pouvez y être pour la manif de réoccupation des terrains ce samedi, un petit mot de soutien leur suffit. Bien sûr, ils auront aussi besoin d’argent.
Lien : https://zad.nadir.org/)
J’ai vu des montagnes de vêtements... si vous y allez, c’est peut-être mieux d’apporter des clous, de la bouffe bio ...

Michel Tarin se propose de venir à Pélussin avec tout un matériel pour nous informer mais quand il sera disponible, c’est à dire après Noël. Qui est partant avec nous pour organiser cela ?

Annick

15 novembre 2012