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Ce jeudi 31 mars, journée nationale de grève et de manifestation

Pour le retrait du "projet de loi travail" et de nouvelles garanties et protections collectives.

Manifestation à 10h à Roanne, à 11h à St-Etienne

mercredi 30 mars 2016

Après la journée nationale de manifestations du 9 mars qui ont rassemblé en France 500 000 personnes (Voir), de nouvelles journées d’action notamment des jeunes ont eu lieu les 17 et 24 mars.
Le 17 mars, plus de 1 000 personnes ont manifesté à St-Etienne, les étudiants et lycéens (notamment d’Urfé) depuis le campus Tréfilerie pour rejoindre des salariés devant la Bourse du Travail puis aller jusqu’à la Préfecture, où plusieurs prises de parole ont eu lieu (lire ci-dessous l’intervention de Mireille Carrot de la CGT)
Le 24 mars, c’est un rassemblement de jeunes essentiellement, qui a eu lieu place du Peuple.





"A ceux qui veulent précariser les jeunes, les jeunes répondent :
Résistance !"

Le mouvement pour le retrait du projet de loi du gouvernement et du MEDEF va prendre une nouvelle ampleur ce jeudi 31 mars.
Voir le communiqué commun des organisations syndicales à la veille de cette journée :
http://www.cgt.fr/Communique-commun-CGT-FO-FSU-Union.html
A St-Etienne, rendez-vous à 11h place Jules Ferry (Bizillon) pour manifester jusqu’à la Préfecture. Les étudiants rejoindront le cortège au passage devant le campus de Tréfilerie.
A Roanne, rendez-vous à 10h à l’ancienne Bourse du Travail, pour manifester jusqu’à la mairie.

Pour désamorcer les mobilisations et chercher des appuis, le gouvernement a annoncé des "modifications". En réalité, elles ne changent quasiment rien.
Voir cet article de l’Humanité : Loi El Khomri : pourquoi il faut encore et toujours dire non

La "Loi Travail" du gouvernement, appuyée par le MEDEF, c’est :

- les licenciements économiques facilités. Une baisse de commandes, du chiffre d’affaires ou des pertes d’exploitation suffiraient à les justifier...
- le plafonnement des indemnités de licenciement (prud’hommes) prévu par la 1ère mouture deviendrait un barème "indicatif" (petit recul), mais resterait l’objectif...
- Sous prétexte de préservation de l’emploi, des accords pour travailler plus en gagnant moins. Avec licenciement facile de ceux qui refusent... C’est le fameux article 13, que des juristes analysent comme une bombe à retardement (Voir Jean-Charles Mirande et Hervé Tourniquet).
Cet article 13 de la loi El Khomri stipule en effet :
« Lorsqu’un accord d’entreprise est conclu en vue de la préservation ou du développement de l’emploi, ses stipulations se substituent de plein droit aux clauses contraires et incompatibles du contrat de travail, y compris en matière de rémunération et de durée du travail.
L’accord mentionné au premier alinéa ne peut avoir pour effet de diminuer la rémunération mensuelle du salarié.
Le salarié peut refuser la modification de son contrat de travail résultant de l’application de l’accord mentionné au premier alinéa. Ce refus doit être écrit.
Si l’employeur engage une procédure de licenciement à l’encontre du salarié ayant refusé l’application de l’accord mentionné au premier alinéa, ce licenciement ne constitue pas un licenciement pour motif économique et repose sur une cause réelle et sérieuse. Il est soumis aux dispositions relatives à la rupture du contrat de travail pour motif personnel. »

- une surveillance médicale des salariés réduite.
- l’élargissement des accords avec des "salariés mandatés".
- la possibilité pour un accord d’entreprise de fixer le niveau de majoration des heures supplémentaires, avec un plancher à 10%, sans tenir compte de l’accord de branche. Le verrou de l’accord de branche saute.
- la modulation du temps de travail par accord d’entreprise ou de branche sur 3 années. Aujourd’hui, cette modulation est possible sur une année. Les salariés sont aux 35 heures non pas par semaine, mais en moyenne sur l’année. Le texte prévoit d’élargir cette possibilité jusqu’à trois années, ce qui reporte l’éventuel paiement d’heures supplémentaires à la fin de cette période de référence...
- Le référendum contre les syndicats mis en place pour le temps de travail. En attendant d’autres domaines... Il s’agit, sous prétexte de démocratie, de casser le rempart que peuvent constituer les syndicats face au chantage à l’emploi utilisé par les employeurs pour obtenir des reculs sociaux.

Mireille Carrot (CGT) devant la Préfecture le 17 mars : "Le retrait de ce projet de loi, et des propositions pour un code du travail du XXI siècle"

"Nous pouvons le dire clairement, les annonces faites par le 1er Ministre
le 14 mars, à l’issue d’une pseudo concertation avec les organisations
syndicales ne changent rien à la régression contenue dans le projet de
loi travail.
Oui Ce projet de loi constitue un nouveau recul social majeur, il
transforme le code du travail en simple code de bonne conduite au
service des entreprises qui pourront précariser et licencier plus
facilement mais aussi réduire les garanties collectives des salariés.

Les politiques mises en œuvre ces dernières années ont eu pour
résultats :
- De faire travailler ceux qui ont un emploi, plus et plus longtemps
avant de prétendre au droit à la retraite, empêchant ainsi aux jeunes de
rentrer sur le marché du travail
- De faciliter les licenciements économiques de ceux qui ne supportent
plus leurs conditions de travail (inaptitude, rupture conventionnelle...)
- De supprimer des milliers de postes, dans le privé comme dans le
secteur public.
Nous devons amplifier la mobilisation pour obtenir le retrait de ce
projet de loi.
Le gouvernement est fragilisé par le succès de la mobilisation du 9 mars
qui a ressemblé près de 500 OOO manifestants dans toute la France. Il
craint désormais un mouvement généralisé des travailleurs et de la
jeunesse.
Nous devons en profiter pour le faire reculer et gagner sur nos
revendications !

Nous avons des propositions pour un code du travail du XXI siècle
constituant une vraie conquête sociale.
Il faut Diminuer la durée du travail en imposant les embauches
correspondantes,
Il faut interdire les licenciements et les suppressions de postes, dans
le privé comme dans le public
Licencier plus facilement n’a jamais permis de créer de l’emploi
Il faut abroger les lois retardant l’âge de la retraite cela permettrait la
création de centaines de milliers d’emplois en CDI ou sous statut pour
nos jeunes.
Il faut répartir autrement les richesses crées par les travailleurs,
taxer les dividendes et arrêter la politique d’exonérations de
cotisation sociale mettant à mal notre système de protection sociale.
Oui des propositions nous en avons...
Mettons toutes nos forces pour réussir le 31 mars, jour où nous
appelons tous les salariés, du privé, du public à être massivement en
grève pour bloquer la production et à rejoindre les jeunes et retraités
dans les manifestations.
Tous ensemble, soyons en convaincu, nous gagnerons le retrait de ce
projet de loi pour imposer de nouvelles conquêtes sociales."