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Revenu de base ou salaire à vie ? Les non dits de la question du financement

samedi 25 février 2017, par Bertrand Bony

En abordant dans le texte ci-dessous la question du financement du revenu de base, Bertrand Bony de Réseau Salariat montre que la question du financement est en fait la question de quelle autre répartition du revenu monétaire il est ainsi proposé, et quelle société dessine-t-elle ? Les arguments sur le financement du revenu de base "cachent en réalité des modèles de société qui n’osent pas s’exprimer explicitement car ils reposent sur l’exploitation et l’appauvrissement d’une majorité au profit de quelques uns qui concentrent richesses et pouvoirs".

Loin d’être un revenu universel (un chèque supplémentaire versé à tous) ce revenu ne peut aboutir concrètement, quelles que soient les versions, qu’au mieux à un minimum garanti à tous.

Bertrand Bony montre que ce revenu garanti, dans toutes ses versions, a pour base "le démantèlement de la protection sociale telle qu’elle s’est construite dans les luttes du 20 ème siècles".

Plutôt que le revenu de base "Il s’agit donc de revendiquer de se réapproprier la totalité de la valeur économique, tant dans sa définition que dans sa production et sa distribution... C’est en étendant les solutions (salaire à vie, cotisation, financement de l’économie sans crédit) que nous

pratiquons avec succès et depuis des décennies, que nous pourrons généraliser le salaire socialisé, reprendre la maîtrise de la production et de ce fait lutter contre les dérèglements tant sociaux que climatiques et écologiques générés par le mode de production capitaliste."

Georges Günther.

Revenu de base ou salaire à vie ? Les non dits de la question du financement

Les diverses propositions de revenu de base (ou de revenu universel, bien mal nommé comme on le verra dans la suite) donnent lieu à deux questions relativement séparées. Une question relative à ses justifications, qui ne sera pas discutée ici, et qui va de la simplification administrative à la possibilité de s’affranchir de l’aliénation au travail (selon que la proposition vient de la droite ou de la gauche). Et d’autre part une question relative à son financement. Sur ce point une multitude de solutions sont proposées allant de la suppression de la protection sociale à la réforme fiscale ou au crédit d’impôt, en passant par une taxe carbone, ou l’émission de monnaie pour « reconnaître » de « nouvelles formes de création de richesse »... Mais si cette question suscite autant d’imagination, ne serait-ce pas qu’elle est mal posée en laissant penser qu’il s’agirait juste de « trouver de l’argent quelque part » ?

Et si on posait le problème autrement pour essayer d’y voir clair ?

A la question : « où trouvez vous l’argent pour financer tout ça ? » il est facile de répondre : réforme fiscale, taxe carbone etc. et d’oublier un peu vite que l’économie est un circuit dans lequel les coûts des uns sont toujours les revenus des autres, et que « prendre l’argent ici ou là » revient à « prendre l’argent à untel ou unetelle » et non à « faire des économies ».
En d’autres termes, la question n’est pas « comment allez vous financer cela ? » mais « quelle autre répartition du revenu monétaire préconisez vous et quelle société dessine-t-elle ? ». C’est de ce point de vue que nous allons étudier la question.

A combien peut-on évaluer le revenu monétaire des ménages en France ?

En gros à 1360 Milliards d’€ qui se décomposent en 1140 Mds€ de rémunération des salariés (salaires et cotisations sociales), 110 Mds€ de revenu mixte des entreprises individuelles non financières, 110 Mds€ de revenus de la propriété des ménages. Cela représente une moyenne de 1700 €/mois et par personne (66 millions de français) ou environ 2300 €/mois/adulte (50 millions d’adultes). La première conséquence que l’on peut en tirer est que prétendre qu’il serait impossible que chacun d’entre nous puisse avoir un revenu monétaire au moins égal à 1000 €/mois (scénario présenté aujourd’hui comme le plus favorable) n’est pas défendable. Ce qui veut dire que là n’est pas réellement le problème, et que les arguments sur le financement cachent en réalité des modèles de société qui n’osent pas s’exprimer explicitement car ils reposent sur l’exploitation et l’appauvrissement d’une majorité au profit de quelques uns qui concentrent richesses et pouvoirs.

Car nous allons voir que toutes les solutions avancées pour financer les différentes formes de revenus de base procèdent d’une même logique redistributive plus ou moins « généreuse » mais cantonnée à la remise en cause de la protection sociale, et ignorent toute velléité de remise à plat de la totalité du revenu des ménages.

Comment (c’est à dire au nom de quoi) sont distribués ces 1360 Mds€ de revenu monétaire aujourd’hui ?

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ou bien sur le blog de Bertrand Bony :
https://sites.google.com/site/bertrandbonyreseausalariat

Le site de Réseau Salariat : http://www.reseau-salariat.info