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Reportage sur Valfleury dans Basta !... Dans un village de la Loire, la haine et les clichés submergés par une vague de solidarité avec les migrants

lundi 27 février 2017

Sophie Chapelle vient de publier dans Bastamag un reportage auprès des personnes engagées dans le "collectif citoyen accueil migrants Valfleury", dans la vallée du Gier.
C’est à lire à https://www.bastamag.net/Dans-un-village-de-la-Loire-la-haine-submergee-par-une-vague-de-solidarite-avec, et à faire connaître...

"En septembre 2016, l’annonce de l’ouverture d’un centre d’accueil et d’orientation pour réfugiés, en plein centre du village de Valfleury, dans la Loire, a d’abord généré un torrent de peurs fantasmées, voire de haine. Mais depuis l’arrivée des migrants, contraints de quitter la jungle de Calais, un immense élan de solidarité a gagné la commune rurale et ses environs, à proximité de Saint-Étienne. Depuis trois mois, plus de 220 bénévoles, bien coordonnés par un collectif d’habitants, proposent leur aide sous des formes très variées. A mesure que les migrants sont déplacés, d’autres citoyens, ailleurs, s’inspirent de leur solidarité. Reportage.

Odile et Gilbert se souviennent parfaitement de ce 23 septembre 2016. Les 732 habitants de Valfleury, paisible commune rurale de la Loire, non loin de Saint-Etienne, sont alors invités à une réunion publique, en présence de la mairie et de représentants de la préfecture. Une réunion qui va déclencher peurs, clichés xénophobes, voir haine parmi les habitants. Son objet : l’ouverture d’un « CAO », un centre d’accueil et d’orientation, dans un bâtiment désaffecté du village où sera hébergé une cinquantaine d’hommes en provenance de Calais et de son bidonville évacué. 300 personnes font le déplacement. « Beaucoup n’étaient pas du village, il y avait même une conseillère régionale du Front national », se souvient Gilbert.

Peurs irrationnelles et discours xénophobes émaillent alors la réunion. « Cela devient inquiétant, le pays est envahi », réagit une personne. « Avec tous ces attentats, qu’est-ce qu’ils vont faire ? », interroge une autre. « Je trouve que c’est tout à fait honteux. On se fait envahir silencieusement, c’est inadmissible. Ces gens là quand ils vont voler, piller, violer... Il n’y aura pas de gendarmes », répond une troisième. « Mes enfants ne veulent même pas sortir s’il y a des immigrants », « nos filles vont se faire violer, ça va finir comment ? », entend-on encore [1].

Débordés par l’élan collectif

« A un moment, j’ai demandé : "mais que faites-vous de la solidarité ?" Et on m’a répondu : "Vous n’avez qu’à les prendre chez vous" ! », témoigne Odile. Une manifestation est organisée deux jours plus tard. La préfecture décide de réduire le nombre de migrants accueillis à 34 personnes. Les deux septuagénaires, eux, tiennent bon, et refusent de se laisser submerger par la méfiance et la peur.

Dès le lendemain de l’arrivée de la trentaine d’afghans, koweïtiens, érythréens, soudanais, pakistanais et irakiens, Odile et Gilbert se rendent au centre d’hébergement. « Nous voulions les accueillir chaleureusement mais nous ne connaissions pas leurs besoins. » En dépit des barrières de la langue, le couple comprend que les migrants ont, entre autres, besoin de piment, de café et de thé. Gilbert décide de mettre en place un site internet pour coordonner les bonnes volontés, prêtes à aider. Avec Ghislaine et René, un autre couple d’amis de Valfleury, ils initient une première réunion, le 4 novembre, via notamment les paroisses alentours. Une soixantaine de personnes répondent à l’appel ! Des représentants du Secours populaire, du Secours catholique et du CCFD [2] sont aussi présents...


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Rendez-vous le 6 mars au Méliès St-François à St-Etienne...

Le Collectif citoyen Accueil Migrants Valfleury témoignera sur cette action solidaire, au cours de cette soirée organisée avec Le Méliès, le DEPT de l’Université de St-Etienne, le Collectif "Personne à la rue" et 28 autres associations et organisations...
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