Mon site SPIP

Accueil > Changer la mondialisation ? > Bientôt un garde-mobile derrière chaque épi de maïs transgénique ? Répression (...)

Bientôt un garde-mobile derrière chaque épi de maïs transgénique ? Répression brutale des faucheurs ce dimanche dans le Gers. Le témoignage de Pascal Pavie, de la Confédération Paysanne de l’Aude.

mardi 7 septembre 2004

"Dimanche lacrymo.
Retour de manif, extrèmement dure, nous étions entre 600 et 1 000 personnes, avec des enfants, des personnes agées et la fleur à la bouche, forts de notre nombre, de la présence de quelques élus Verts surtout, et de notre inévitable José et sa cohorte de journalistes, nous pensions neutraliser ce champ d’OGM dans le Gers en un tour de mains.
C’était sans compter sur un énorme déploiement de garde-mobiles armés et casqués jusqu’aux dents, avec véhicules militaires, hélico etc, la grosse armada nous attendait sur place, à peine arrivions nous sur le champ que nous avons été arrosés de bombes lacrymos et de grenades assourdissantes par tirs et par hélico. Immédiatement Bové a été ceinturé et évacué dans une gendarmerie, quatre manifestants ont été arrêtés (dont Patrick Terris d’Ariège et Raymond Leduc) et interrogés dans l’enceinte de leur camp retranché.
Les manifestants sont revenus autour du champ et en ont fait le siège réclamant la libération des 4 prisonniers mais sans aucun espoir de pénétrer dans les champs gardés par plus de deux cents garde mobiles.
Un par un les prisonniers ont été libérés, le dernier assez culotté s’est échappé avant la sortie en direction des champs dans une ultime tentative pour détruire quelques plants, mal lui en a pris, il a été évidemment rapidement rattrapé et violemment coincé contre une bagnole de la
gendarmerie.
A 7 h 30 sans sommation alors que les gens manifestaient dans le calme, tout d’un coup les forces de l’ordre nous ont tiré dessus avec leurs lacrymos en tirs tendus.
Plusieurs personnes ont été blessées ou assourdies par les explosions, au centre de soins des pompiers 60 personnes ont été soignées et plusieurs avaient des éclats de bombes lacrymo et de la poudre qui avaient pénétré la chair, au moins 6 ont été dirigées sur les hopitaux d’Auch et de Purpan. Une personne a été molestée à terre et gravement blessée à l’œil, une
autre frappée à la tête.
À 9 heures une partie de la manif se retrouvait devant la gendarmerie qui libérait enfin José Bové, celui ci invitait à poursuivre la lutte et la neutralisation des essais dans les plus brefs délais, il n’en resterait que 20%.
L’extrême violence des forces de l’ordre est un fait nouveau dans ce genre de manif anti ogm, le pouvoir contre l’avis réprobateur de 70 % du peuple a décidé clairement de défendre par tout les moyens les intérêts des multinationales et de briser les résistances qui s’organisent."

Pascal Pavie
Confédération paysanne de l’Aude

A lire sur le site Altermonde : un dossier, des témoignages et des photos sur ce qui s’est passé à Auch le 5 septembre.

Messages