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“We feed the world” - Le marché de la faim : soirée ciné-débat autour du film de Wagenhofer, avec Artisans du Monde et la Confédération paysanne, mardi 16 au Méliès.

vendredi 12 octobre 2007

Cette soirée est organisée dans le cadre de la quinzaine du cinéma citoyen avec Attac. Mardi 16 est “journée mondiale de l’alimentation” (?).
Elle commencera en fait par une rencontre aux Pères Peinards à 18h, avec la participation de Gilles VIAS, partenaire du Niger, et Laurent Pinatel, agriculteur membre de la Confédération Paysanne.
A 20h30, film au Méliès, suivi d’un débat. L’association Agronomes et Vétérinaires sans frontières est partenaire du film et sera également présente lors de cette soirée.

Tarif d’entrée du Mélies : 6 € ou 4,50 € (avec abonnement)

Pour plus d’informations, contacter Florence SAUVIGNET à Artisans du Monde - 17 rue Michel Servet 42 000 St Etienne
04 77 46 60 15
adm.saintetienne@free.fr

« We feed the word »

« We feed the word » (Le marché de la faim), est un film d’Erwin Wagenhofer, 96 mn, sorti en France le 25 avril 2007. Le titre français est : « Le Marché de la faim », qui est aussi le titre d’un livre paru en avril aux éditions Actes Sud. Dans ce livre, les témoignages et différentes interventions des protagonistes du film sont complétées par diverses informations, analyses et mises en perspectives supplémentaires.
(« Le Marché de la faim », d’Erwin Wagenhofer et Max Annas, Actes Sud, 224 pages, 20 euros.)

Voir Le site web du film

Voici ci-dessous une présentation de ce film dans le journal “Campagnes solidaires”, de la Confédération Paysanne (10 mai 2007)

Le monde tel qu’il est et tel que nous ne le voulons pas

« We feed the word », « nous nourrissons le monde », c’est le slogan de la firme semencière transnationale Pioneer. Mais bien sûr les grands (gros) mots cachent la vérité : « ils » affament le monde. Jean Ziegler, rapporteur de la Commission des droits de l’Homme à l’ONU pour le droit à l’alimentation (1) le rappelle : 52% des richesses produites annuellement sur la planète sont sous le contrôle de 500 entreprises, au profit de leurs actionnaires. L’agriculture n’est bien sûr pas épargnée, entraînée dans la folie de la mondialisation néocapitaliste de l’économie.

Ziegler, à nouveau, le rappelle : sur le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest, à Dakar, les fruits et légumes importés de l’Union européenne sont vendus au tiers du prix des productions locales. Par milliers, les jeunes paysans tentent de fuir la misère en partant vers une Europe de plus en plus hostile à les accueillir. Ils pourront peut-être atteindre clandestinement cette Europe s’ils ne périssent pas sur des bateaux de fortune ou abandonnés en plein désert saharien par des passeurs véreux. Nous retrouverons certains d’entre eux ouvriers agricoles sous les 25 000 hectares de serres de la région d’Alméria, au sud de l’Espagne. Ils participeront alors à la production de masse de légumes qui seront vendus à bas prix sur les marchés de Dakar ou de quelque ville d’Europe : statistiquement, chaque habitant de l’UE consomme pas moins de dix kilos de fruits et légumes provenant de ces serres, après que leurs tomates ou aubergines ont fait parfois plus de 3000 kilomètres en camion jusqu’aux supermarchés.
Et que dire de la séquence brésilienne du film ? Le survol de la forêt amazonienne dans l’Etat du Mato Grosso se passe de commentaire : partout de vastes trouées de milliers d’hectares couverts de soja. Vastes, oui : depuis 1975, la déforestation de l’Amazonie a découvert des zones équivalentes aux superficies additionnées de la France et du Portugal. Le soja est vendu pour nourrir les élevages européens, cependant qu’au Brésil près du quart de la population souffre de malnutrition et vit dans la plus effroyable misère.
Que répond Peter Brabeck, le PDG de Nestlé, leader mondial de l’agroalimentaire ? « Ce que nous mangeons n’a jamais été aussi bon, nous n’avons jamais été aussi riches, nous n’avons jamais été en meilleure santé, et nous n’avons jamais vécu aussi longtemps qu’actuellement. Nous avons tout ce que nous désirons. » Terrible discours de la pensée unique lorsque la froideur des chiffres ne cesse d’en rappeler le mensonge : l’ONU estime qu’en 2005, 842 millions de personnes dans le monde souffrent de malnutrition chronique. Ce qui signifie, comme le souligne Jean Ziegler, qu’elles n’ont plus de vie sociale, ni même de vie sexuelle, qu’elles sont encore dans l’humanité, mais juste statistiquement.
Dans une des premières séquences du film, nous suivons les camions conduisant à la destruction les pains invendus de Vienne : il s’en détruit chaque jour dans la capitale autrichienne la quantité pouvant nourrir quotidiennement la population de Graz, la deuxième ville du pays. Nous sortons finalement rassurés : nous ne nous trompons pas de combat. Mais chaque jour le rend plus urgent. Ziegler : « Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficultés. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné. »

Benoît Ducasse, article paru dans Campagnes Solidaires, n° 218, mai 2007. _ http://www.confederationpaysanne.fr


Peter Brabeck et la commission Attali de Sarkozy demandent d’abandonner le principe de précaution et de développer encore la grande distribution !

On sait que Sarkozy a mis en place une “commission pour la libération de la croissance”, présidée par Attali, qui vient de rendre un rapport d’étape. Dans cette commission, on trouve le fameux Peter Brabeck, de Nestlé, aux côtés d’autres grands patrons.
Les propositions de cette commission publiées ce 12 octobre sont ahurissantes. Par exemple : abandonner le principe de précaution, qui est un frein à la croissance. Et développer la grande distribution, seul moyen de faire baisser les prix des biens de consommation. En finir avec les lois qui encadrent les relations entre la grande distribution et les fournisseurs, "restaurer la liberté tarifaire" en autorisant "la liberté des négociations commerciales" et en mettant fin à l’interdiction de revente à perte...
On est en plein Grenelle de l’environnement, là... !!!