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Un procès à l’Université de Saint-Etienne : 9 étudiants doivent être jugés le lundi 28 septembre à 18h...

samedi 12 septembre 2009

Ça ne sent pas très bon à l’Université de St-Etienne. Ce jeudi 10 septembre, 9 étudiant-e-s, qui ont participé au mouvement contre la loi LRU, sont passés un par un devant une commission du “conseil de discipline” (voir - et voir aussi)
Au moins 150 personnes, étudiants, enseignants, et militants associatifs du département, se sont retrouvés à leurs cotés devant la Maison de l’Université, rue Baulier.
Les 9 n’ont eu connaissance qu’une demi-heure avant leur comparution des pièces à charge contre eux. C’est plus pratique évidemment pour les accusateurs. On appelle aussi ça une violation du principe du contradictoire dans les affaires de justice. Une parodie. Dans ces conditions, les étudiants ont décidé de rester silencieux devant ce tribunal d’un genre très spécial.
On leur a dit que le jugement serait fait le 28 septembre, et qu’ils devront donc comparaître ce jour-là. Apparemment, le président du conseil de discipline compte aussi choisir les témoins qu’il va faire citer.
Pour ce qui est des accusations, rien de bien neuf, la direction de l’Université fait dans l’anecdotique et le dérisoire. Une confirmation que ce qui est visé au fond à travers les 9 choisis au hasard est la participation au mouvement contre les réformes gouvernementales de l’Université.
L’objectif est-il d’essayer maintenant de faire un exemple pour dissuader qui que ce soit de faire quelque chose cette année ?

Il semble bien que la présidence de l’Université s’efforce de jouer les bons élèves de la classe devant la ministre sarkozyste de l’enseignement supérieur.
On ne voit pourtant pas bien ce qu’il y a à gagner pour l’Université de St-Etienne de ce côté-là, mis à part la honte.

Autre chose qui témoigne de l’ambiance qui règne à l’Université : l’interdit professionnel prononcé à l’encontre d’un enseignant, Jean-Pierre Simard, parti en retraite récemment et qui a demandé “l’éméritat”. Ce statut consiste simplement à autoriser un professeur en retraite à poursuivre pour trois ans ses recherches publiques, notamment lorsqu’il a encore au moins une thèse en cours. Or JP Simard est directeur de thèse de 3 étudiantes doctorantes, qu’il veut continuer à aider dans leur travail de recherche.
Aucune justification n’a été donnée - ni par ceux qui ont pris cette décision ni par le président de l’Université - à l’enseignant qui a pourtant toutes les raisons et qualifications nécessaires. Sauf qu’il a lui aussi participé activement au mouvement contre la loi LRU...

Bref, ça fait beaucoup. Et les choses ne vont donc pas pouvoir en rester là.

Pour ce qui est des étudiants, un nouveau rendez-vous va être donné pour le 28 septembre.

En attendant, une pétition de soutien aux étudiants est en ligne.