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Altermondialisme : "il n’y a pas de centre dans l’alternative"
L’altermondialisation doit être une défense de la multiplicité.
mardi 19 avril 2005


 Altermondialisme  - "Une des habitudes du voyageur est de rapporter un objet typique des lieux qu’il traverse. Aujourd’hui, il trouvera partout le même objet, produit au maximum dans deux endroits du monde. La mondialisation crée ainsi un double paysage qui écrase tous les autres : celui d’une pauvreté uniforme, de la dévastation et des résidus des sociétés industrielles , et celui des zones de transit des aéroports, qui regorgent des mêmes produits. Où que nous nous rendions, nous sommes toujours dans le même endroit. Notre monde ne connaît à présent que deux couleurs : celui du bidonville semblable à quelques détails près de Buenos Aires à Bombay, car les abris les plus précaires y sont faits des mêmes déchets industriels, celle des classes aisées, et des mêmes objets reproduits à l’infini. Si l’on s’en tient aux critères internationaux, certaines régions du monde ne devraient plus exister, car leur population entière est au-dessous du seuil de pauvreté. C’est sans compter les solidarités, les modes de production, les médecines locales qui assurent la survie de toutes ces personnes. L’uniformisation en cours signifie en revanche leur disparition très concrète. La mondialisation n’est pas un simple mot sur des banderoles militantes, elle est un phénomène très réel qui écrase tout. Face à ce modèle qui goudronne le monde, l’altermondialisation ne doit pas être une autre façon de penser la mondialisation mais une défense de la multiplicité.

L’engagement alternatif regroupe deux tendances très différentes. L’une est très profonde, anthropologique, et cherche à répondre à ce qui se donne à penser dans notre époque. Selon cette idée, l’homme ne peut pas être en lutte contre la nature mais doit composer avec elle puisqu’il en fait partie, la justice sociale doit être pensée au sein de la justice, comme harmonie, équilibre. L’altermondialisme recouvre alors l’ensemble des tentatives de débordement de la société utilitariste de certaines démarches artistiques aux squats. Ses champs d’action sont aussi divers que la ville, la santé, l’agriculture, les pays du Sud, le problème de la dette, l’Europe, les biens communs... La justice sociale n’est pas forcément le seul but affiché. La défense d’un théâtre non utilitaire entre par exemple dans les enjeux de cette alternative. Ces différents agirs sont liés car ils expriment la même résistance sous des modes différents.

La tentation est alors forte de vouloir fédérer ces actions pour créer une force alternative qui puisse combattre le néolibéralisme. Fédérer ne veut pas dire créer des liens. Quand on fait de la musique, du théâtre, quand on vit un certain engagement quel qu’il soit, on a tout intérêt à se connecter avec d’autres personnes, qui partagent cette passion. Les liens sont nécessaires, ils font partie de la contestation. Je me souviens d’un groupe de jeunes Belges qui se voulaient très radicaux. Ils vivaient dans un squat mais chacun possédait sa maison, ils n’acceptaient pas les sans-domicile fixe et n’entretenaient aucun rapport avec les habitants du quartier. Ils n’avaient créé en fait que de l’individualisme élargi. La résistance crée et se fonde sur des liens. La tendance vers l’autre lui est consubstantielle. L’alternative officielle ne voit là que des actions éparses et prétend répondre au danger de la dispersion. Ces expériences montrent tout autre chose : une multiplicité qui fonctionne en harmonie, par affinités électives, qui ne réclame que les moyens d’entrer encore plus en contact. Entre l’individualisme élargi et la centralité forcée, il existe la multiplicité.

Les officiels de l’alternative ne raisonnent qu’en termes de dispersion et de centralité. Leur erreur est bien là, dans cette volonté de rendre majoritaire la minorité, centrale la périphérie. Il n’y a pas de centre dans l’alternative. Le forum est une bonne initiative lorsqu’il est un lieu d’échanges sur des expériences concrètes. Mais il devient une tromperie lorsqu’il nourrit l’illusion d’un moteur plus puissant, au-dessus de toutes ces situations. Les altermondialistes se comportent alors malheureusement comme ceux qu’ils combattent : ils s’extraient de la situation et se condamnent à une langue et à une vision du monde abstraites. Ils regardent le monde de l’extérieur, trouvent qu’il ne leur plait vraiment pas et se demandent comment en créer un autre. Ils pensent être en train d’agir mais se condamnent par cette attitude au pâtir puisqu’ils se vivent séparés de la situation. Ils font en outre un énorme pas en arrière en cherchant ainsi un nouveau drapeau pour partir à la lutte. Nous avons déjà expérimenté l’échec de l’affrontement déterminé par des modèles. La multiplication des forums est un symptôme de cette volonté de s’extraire du monde et de cette inaction. Lorsque les leaders de l’alternative font leur autocritique à la suite du Forum social mondial en Inde, ils ne s’inquiètent pas du peu de place laissée aux échanges par rapport au business, ils souhaitent que du forum "émergent d’autres modèles de société". Dans leur discours, le moteur reste central. L’agir est peut-être local mais la pensée demeure globale. Il s’agit de trouver le bon universel abstrait pour remplacer le mauvais mais il n’est pas question d’en sortir. Voilà l’impasse de l’alternative. Faire fi, dans un souci compréhensible d’efficacité, de la multiplicité. Et ressembler alors à son adversaire."

Renvois : Action restreinte, Agir, Engagement


Alternative - Bonheur - Capitalisme - Dénonciation - Engagement - Fatigue - Globalité - Histoire - Intellectuel - Justice - Liberté - Manifestation - Nihilisme - Opinion - Promesse - Radicalité - Sécurité - Utopie - Violence... 
Cet abécédaire voudrait redonner aux mots de l’engagement un peu de substance. Il voudrait pour cela les mettre en rapport avec ces nouvelles pratiques qui émergent aujourd’hui un peu partout. Face à l’immobilisme ou aux grands discours moraux, il nous invite à rompre avec ce sentiment d’impuissance qui nous conduit à la résignation permanente, à "entrer en résistance", à créer, à exister...

"Abécédaire de l’engagement" est paru en octobre 2004 chez Bayard. 270 pages. 20 euros. ISBN 2.227.47414.9.
Voir aussi : "Action restreinte"




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