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Les émeutes de la faim posent le problème d’une agriculture durable, paysanne et solidaire.
mardi 27 mai 2008, par Raymond Vasselon


Chez nous, comme partout dans le monde, les émeutes de la faim posent le problème d’une agriculture durable, paysanne et solidaire.
Au moment même où les émeutes de la faim secouent la planète, la communauté scientifique des agronomes a publié (précisément le 15 avril 2008) un rapport qui appelle à soutenir les petits paysans et à intensifier les recherches en agro écologie.
Ce document, approuvé par 59 gouvernements le 12 avril à Johannesburg, a été rédigé dans le cadre de l’IAASTD (en français EISTAD Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement). Il est le fruit d’une étude menée par plus de 400 experts et pilotée par Robert Watson. Pour info, l’IAASTD est née de la mobilisation internationale à l’occasion du Sommet mondial de Johannesburg en 2002 sur le développement durable. L’International Agriculture Assessment of Science and Technologies for Development est une opération de prospective, lancée par la Banque mondiale et les Nations-Unies (FAO, OMS, PNUD, PNUE et UNESCO), autour de la question : « peut-on réduire la faim et la pauvreté dans le monde, améliorer les conditions de vie des zones rurales et promouvoir un développement durable et équitable grâce à l’accès, l’utilisation et la production de savoirs, de sciences et de technologies agricoles ? »

Le document en question propose une « réorientation du développement agricole autour des savoirs locaux et communautaires afin de retrouver une autosuffisance alimentaire ». L’IAASTD remet très nettement en cause l’importance accordée aux récoltes destinées à l’exportation. La notion d’agro-écologie, qui est (en gros) la « prise en compte des processus écologiques dans le système agricole », est pleinement reconnue comme objet prioritaire de recherche. Mais il faut dire que le concept est encore à géométrie variable. Son contenu varie selon les intérêts de ceux qui l’évoquent et l’énorme force de frappe sans états d’âme de l’agrobusiness est aux aguets.
Néanmoins, au niveau du discours, on assiste à un important changement d’orientation par rapport à la politique qui a favorisé depuis un demi-siècle les cultures intensives d’exportation au détriment des cultures vivrières.

Coté banque mondiale, le rapport 2008 consacré à l’agriculture, souligne « que le développement passe par l’agriculture » et qu’« alors que 75 % de la population pauvre mondiale vit dans les espaces ruraux, seulement 4 % de l’aide publique au développement va à l’agriculture ».
Ce n’est pas rien. Pendant des décennies cette institution, en partenariat avec le FMI, a expliqué aux pays pauvres où elle imposait sa politique que l’agriculture paysanne avait son avenir derrière elle. Pendant des décennies, les deux institutions (banque mondiale et FMI) ont pesé conjointement de toutes leurs forces pour développer l’unique option des grandes cultures intensives d’exportation.
Mais la tardive prise de consciences de la banque mondiale a des limites : toujours avec le FMI, elle pousse à la production d’agro carburants et en 2008, 30% de la production de maïs sert à la production de biocarburant et non à l’alimentation humaine ou animale alors que de nouvelles contraintes très lourdes telles le changement climatique et la redoutable question de la disponibilité en eau sont internationalement reconnues et affichées.

Malgré tout, ce qui est aujourd’hui acquis, c’est que nous disposons d’un diagnostic partagé, clair et sans appel. Les analyses des experts, celles des mouvements paysans de mieux en mieux organisés et qualifiés, des mouvements citoyens, des écologistes, le contenu des revendications populaires, convergent vers une même perception du problème : les oligarchies des pays du nord imposent aux pays du sud depuis un demi-siècle les cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières.
Les petits fermiers du Sud se sont vus laminés par les produits subventionnés exportés par les firmes multinationales de l’agro-alimentaire (poulet, céréales, etc.). Ils ont été aussi « victimes de leur propres gouvernements qui n’ont pas voulu (ou pas pu) dédier une part de leur budget à la paysannerie », ajoutent des experts de la FAO. Et en plus, malgré les promesses, l’« aide au développement » des pays riches a accusé une baisse de 8,4 % en 2007 (-15 % pour la France). L’aide dédiée à l’agriculture est 50 % moins importante qu’en 1984 selon Claire Meladed de l’ONG Action Aid.

La Via Campesina, qui anime des luttes paysannes au niveau international, estime que le visage de la crise alimentaire s’est très nettement précisé :
« Jusqu’à peu, cette crise restait confinée dans les zones rurales marginales et les bidonvilles du Sud, mais elle s’étend aujourd’hui bien au-delà. Des émeutes de la faim ont eu lieu dans différents pays du Sud et les consommateurs européens ou américains découvrent à nouveau que les prix peuvent augmenter. Les pays les plus touchés par cette crise des prix des denrées alimentaires sont ceux qui ont du (par exemple en raison des programmes d’ajustement structurels dictés par le FMI et la Banque Mondiale) sacrifier leur agriculture sur l’autel du libre-échange et se sont rendus dépendants de l’importation de denrées alimentaires ». « Cette crise a également mis en lumière la mainmise des multinationales sur l’alimentation. La pression qu’elles exercent au quotidien sur les prix aux producteurs met en péril l’agriculture paysanne, favorise l’agriculture industrielle et l’accaparement des terres par de grands propriétaires. Ce type d’agriculture est essentiellement orienté vers l’exportation. En contrôlant les filières, de la production jusqu’à la vente, l’agrobusiness maîtrise les quantités commercialisées sur le plan international et les prix aux consommateurs. Entre spéculations éhontées sur les stocks et sur les nouveaux marchés que sont les agrocarburants, les multinationales ont réussi à affoler les marchés agricoles en faisant croître le sentiment de pénurie ».

Mais toujours selon la Via Campesina, « la hausse des prix des matières premières agricoles peut être vue comme une opportunité pour les familles paysannes qui peuvent, après des années de baisse des prix au producteur, espérer maintenir, voire développer leurs activités. Sachant que la plupart des personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des paysans, une relance de l’agriculture devrait être bénéfique. Certains gouvernements, surpris par la hausse des prix des denrées alimentaires et voyant ce que cela pourrait impliquer en termes de déstabilisation sociale, semblent être prêts à discuter avec les organisations paysannes pour relancer une production locale dynamique » mais « Il s’agira bien entendu d’allier prix rémunérateurs pour les paysans et prix équitables pour les consommateurs. Cela est possible en agissant sur les marges exagérées prélevées par certains intermédiaires sur le plan local et par les multinationales dans le commerce international et en jugulant la spéculation ».

Il y a donc (clairement formulé aujourd’hui), un enjeu commun pour les paysans du monde ainsi que pour la société dans son ensemble : récupérer le pouvoir sur la production et la distribution de l’alimentation afin de faire barrage aux multinationales qui veulent tout contrôler, les semences par le biais de brevets, le type de production par leur lobbying auprès des pouvoirs en place, les marchés locaux et internationaux des produits agricoles par les conglomérats du commerce, les groupes géants de la distribution et leurs centrales d’achats, etc. tout ceci pour le bien exclusif de leurs actionnaires et des spéculateurs tout en détruisant l’agriculture paysanne qui elle est au service des populations.
Par conséquent aujourd’hui il n’est plus seulement question de commenter une situation choquante et critiquable. L’enjeu doit être formulé et décliné à l’échelle de chaque territoire, de chaque collectivité de manière à définir des programmes d’actions opérationnels.

Saint Etienne métropole est une grande agglomération située au coeur d’un grand département agricole. Au plan local, nous disposons de moyens pour concevoir et développer de nouvelles politiques solidaires qui contribuent, dans la durée et de manière efficace :

-  à libérer les pays du sud du piège mortel que représente le développement systématique des grandes cultures d’exportation dirigées par l’agrobusiness,

-  à remettre l’agriculture au service de l’ensemble des populations.

Coté agriculture, la Loire reste plus que jamais un grand département agricole avec 50 % de sa superficie en surface agricole utile (40 % pour Saint Etienne métropole). Selon le conseil général, la Loire est le premier département de Rhône-Alpes par le nombre d’installations de jeunes agriculteurs (environ 100 par an). En terme d’emploi, l’agriculture représente environ 4 % de la population active du département. Dans 26 communes de Saint-Étienne Métropole, les emplois agricoles représentent le quart des emplois.

Bien sur, cette agriculture n’a pas échappé aux effets de la gestion productiviste. Notre territoire porte la marque de la révolution productive des trente glorieuses et des crises des années 90. Le sur-étalement urbain de l’agglomération stéphanoise a été spectaculaire et il y a donc chez nous un problème particulier et aigu de pérennité de l’agriculture périurbaine car l’agriculture est une activité qui nécessite de l’espace dans la durée. Le relief accentue de manière exponentielle le problème.

Mais les collectivités locales disposent de levier pour reprendre en main cette évolution, notamment sur le plan foncier en cessant de considérer la campagne comme un réserve foncière pour la croissance de la ville. D’autant que le sur-étalement n’est pas seulement destructeur de l’espace rural, il est source de gaspillage : on ferme des écoles en ville et il en manque ailleurs, les déplacements et les transports générateurs de pollution et de fatigue explosent, les surfaces imperméabilisées augmentent et cela a des conséquences sur le débit et les crues des rivières, les problèmes de ramassage des ordures se compliquent, etc.

La commune de Roche la Molière a restitué à l’espace agricole un nombre d’hectares significatif qui aurait été rapidement couvert de lotissements. Les habitants de la commune ont montré, aux dernières élections municipales, qu’ils soutenaient les élu(e)s qui ont pris cette décision clairvoyante.

La rénovation des quartiers anciens de l’agglomération est l’occasion de produire et de restaurer des formes d’habitations variées, proches des services et des transports collectifs, prenant en compte le besoin de rapports avec des espaces extérieurs privatifs qui offrent une alternative au développement des lotissements de pavillons dans les périphéries.

Les collectivités locales peuvent, par leur politique d’aménagement, favoriser une régulation du foncier visant notamment l’installation de nouveaux agriculteurs et la transmission des exploitations. Elles peuvent soutenir des pratiques agronomiques écologiques, de l’agriculture biologique, des filières courtes, Il est possible de renouveler, dans la durée, les rapports entre l’agglomération stéphanoise et sa ceinture agricole en développant l’option des circuits courts. La restauration collective, dont une grosse partie est gérée par les autorités publiques (écoles, hôpitaux, restauration des services publiques, foyers de jeunes travailleurs, maisons de retraite) peut travailler à reconstruire des circuits d’approvisionnement en relation avec l’agriculture paysanne de notre périphérie.
C’est un enjeu environnemental et humain de premier plan, mais aussi de santé publique.
C’est aussi un gisement d’emplois non-délocalisables intéressant.

Du coté des citoyens, de multiples expériences sont en cours et se développent. Elles expriment de plus en plus précisément une recherche de sens et de vérité, de transparence dans la manière de produire et distribuer l’alimentation. Ces expériences réunissent des consommateurs, des paysans, des associations. Ce sont les AMAP, diverses sortes de coopératives, jardins de cocagne, magasins paysans, et d’autres formes de circuits courts... Elles sont autant de nouvelles formes participatives impliquant les citoyens.
Les fermes pédagogiques accueillent toujours plus d’enfants accompagnés de leurs enseignants, de leurs parents.

Il existe donc de solides points d’appui pour construire un nouveau modèle de rapports entre notre communauté de ville et la campagne, fondé sur la solidarité concrète avec les pays du sud.

Le développement de l’agriculture paysanne de proximité est une alternative crédible à l’agrobusiness. Chez nous comme partout dans le monde, dans l’intérêt de la planète et de l’humanité, il vaut mieux placer la campagne entre les mains des paysans qu’entre celles des spéculateurs.




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